EVQ Rapport Annuel 2025

Rapport Annuel 2024

Excellence

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Audits et programmes

En 2025, la direction des Audits et programmes a continué d’assumer pleinement son rôle de soutien auprès des éleveurs. Ses mandats couvrent cinq volets essentiels : la certification des éleveurs, l’accompagnement des producteurs, l’inspection, les mesures d’urgence sanitaire et la participation aux projets de recherche avicoles.

L’équipe d’auditeurs poursuit l’évaluation des standards des programmes à la ferme des Producteurs de poulet du Canada (PPC) et des Éleveurs de dindon du Canada (ÉDC) afin d’assurer un haut niveau de salubrité et de bien-être animal dans la production avicole québécoise.

L’équipe terrain, quant à elle, demeure un point d’appui important pour les producteurs. Grâce aux visites à la ferme et aux suivis à distance, elle accompagne les éleveurs dans la compréhension et l’application de leurs obligations en lien avec les programmes à la ferme, les règlements, les conventions de mise en marché et le Plan conjoint. Cet accompagnement personnalisé aide à renforcer la conformité tout en soutenant l’amélioration continue des pratiques d’élevage.

L’année a aussi été marquée par une évolution de la structure interne du département, avec la création de deux nouveaux postes. L’équipe compte désormais, en plus des trois auditeurs, de l’agent de certification, des trois agentes d’accompagnement (équipe terrain) et de l’adjointe administrative, une inspectrice ainsi qu’une chargée de projets de recherche. Les éleveurs peuvent donc bénéficier du soutien d’une équipe multidisciplinaire, spécialisée et rigoureuse.

Grippe aviaire

Un total de dix cas de grippe aviaire a été dénombré en 2025, soit trois de plus que l’année précédente. De ces éclosions, trois ont eu lieu dans un élevage de poulets et une dans un élevage de dindons.

Le plus gros cas à ce jour, impliquant plus de 200 poulaillers, a eu lieu à l’automne 2025. Cette contamination a mené à la révision et à l’adaptation des processus internes pour mieux répondre aux besoins des éleveurs en cas d’urgence sanitaire d’envergure. Une fiche explicative présentant les étapes clés du processus de communication suivi par les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ) lors d’une éclosion d’influenza aviaire a également été partagée pour mieux informer les éleveurs.

Dans la réalisation de son mandat, l’équipe des Audits et programmes collabore étroitement avec l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA) lors des éclosions et des cas suspects. L’instauration d’un système de garde permet de garantir une communication rapide et structurée auprès des éleveurs en cas d’événement sanitaire.

Aucun cas de MG et LTI en 2025

Bien qu’aucun cas n’ait été signalé cette année, l’équipe demeure prête à accompagner les éleveurs dans l’application des mesures d’auto-quarantaine et de biosécurité requises lors d’éclosions de laryngotrachéite infectieuse (LTI) ou de Mycoplasma gallisepticum (MG), conformément aux règlements sur la production et la mise en marché du poulet et du dindon.

Révision du Code de pratiques

En 2024, le Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE) a entrepris la révision du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des œufs d’incubation, des reproducteurs, des poulets et des dindons, en collaboration avec les partenaires du secteur avicole. La version actuelle, publiée en 2016, demeure à ce jour la base des exigences du Programme de soins aux animaux (secteur du poulet) et du Programme de soins des troupeaux (secteur du dindon).

Encore cette année, les EVQ participent activement aux consultations menées par les PPC et les ÉDC, afin de s’assurer que les préoccupations des éleveurs québécois en matière de bien-être animal sont prises en compte dans les travaux du comité scientifique et du comité du Code. Comme la mise à jour du Code suit un cycle de dix ans, la version révisée est attendue pour 2027.

L’excellence pour la certification des fermes

En date du 31 décembre 2025, plus de 99 % des fermes de poulets sont certifiées pour le Programme de salubrité à la ferme (PSAF) et pour le Programme de soins aux animaux (PSA). Chez les éleveurs de dindons, ce sont près de 98 % des fermes qui sont certifiées pour le Programme de salubrité des aliments à la ferme (PSAF) et le Programme de soins des troupeaux (PST).

Mise à jour des programmes à la ferme

Afin de soutenir l’amélioration continue de la salubrité et de la qualité des soins offerts aux dindonneaux et aux dindons, les manuels regroupant les programmes à la ferme des ÉDC ont été mis à jour à la suite des commentaires transmis par les Offices provinciaux. Les versions révisées des programmes, incluant les ajustements apportés, ont été distribuées aux éleveurs. L’intégration de ces changements a ensuite pu être vérifiée lors des audits annuels réalisés chez les éleveurs.

Audits internes et de tierce partie

Dans une démarche d’amélioration continue visant à assurer l’efficacité, la conformité et la rigueur du processus de certification des éleveurs aux programmes nationaux, les PPC ont procédé à un audit interne. Les PPC ont conclu que l’organisation démontrait une bonne maîtrise de la gestion des programmes PSAF et PSA et qu’elle est en mesure de cerner les enjeux et de mettre en place des plans d’action pour corriger les lacunes identifiées. La compétence de l’équipe d’auditeurs a également été observée par la firme MSVS lors d’audits à la ferme.

L’ensemble de ces vérifications assure et démontre à l’Office national la légitimité des activités de certification des EVQ.

Tâches d’inspection

Les mandats d’inspection font partie intégrante du travail du département des Audits et programmes, puisqu’ils permettent de vérifier l’application de la réglementation dans les élevages de poulets et de dindons. En novembre 2025, une inspectrice s’est jointe à l’équipe, un ajout stratégique visant à renforcer la capacité de surveillance et d’intervention du département. Son rôle consiste notamment à assurer la surveillance des activités des titulaires et non-titulaires de quota, à vérifier la conformité aux règlements et aux conventions en vigueur ainsi qu’à détecter et documenter les activités non conformes. Elle participe également à l’élaboration de stratégies d’intervention et au développement d’enquêtes lorsque des situations problématiques sont identifiées.

Parallèlement, les auditeurs des EVQ poursuivent certaines tâches d’inspection, dont la mesure et le placage des poulaillers ainsi que diverses vérifications liées à la salubrité et au bien-être animal.

Stratégie nationale de réduction des antibiotiques

La Stratégie nationale de réduction des antibiotiques continue de répondre à l’objectif sociétal de protéger la santé et le bien-être des volailles tout en préservant l’efficacité des options de traitements tant en médecine humaine qu’en médecine vétérinaire.

Rappelons que les EVQ sont des chefs de file ayant appliqué la Stratégie dès 2014 avec le retrait de la catégorie I, tant pour le poulet que pour le dindon. De plus, soulignons que les antibiotiques de catégorie II ont été retirés en janvier 2019 chez le dindon et le poulet et que les antibiotiques de catégorie III ont aussi été éliminés en mai 2020 chez le dindon.

Les EVQ sensibilisent aussi les éleveurs à l’utilisation judicieuse des antibiotiques qui est nécessaire quand elle vise à résoudre une situation qui ne peut être résolue autrement. Cette utilisation doit être ciblée; l’antibiotique choisi adéquatement et administré de la bonne façon et uniquement aux animaux concernés. Une approche responsable repose sur une collaboration étroite entre le vétérinaire et l’éleveur, incluant un diagnostic réalisé à la ferme ainsi que la mise en œuvre, par l’éleveur, d’un plan de prévention adapté et suivi conjointement avec le vétérinaire.

Les PPC, en collaboration avec les Offices provinciaux, ont convenu de continuer à mettre l’accent sur la réduction de l’utilisation préventive des antimicrobiens de catégorie III, et ce, dans une approche non réglementaire.

Système de monitorage des antibiotiques au Québec

Depuis plus de cinq ans, les EVQ participent au développement du système de monitorage des antibiotiques du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) avec les autres secteurs en production animale. Ce projet s’inscrit parmi les priorités identifiées par les EVQ, dont celle d’assurer une meilleure surveillance et un accompagnement des éleveurs dans l’utilisation judicieuse des antibiotiques.

Le but de ce système de monitorage est de brosser un portrait et d’améliorer la surveillance de l’utilisation judicieuse des antibiotiques au Québec, de viser une cible de réduction et, ultimement, de contrer l’antibiorésistance, soit l’émergence des bactéries résistantes aux antibiotiques tant en médecine humaine qu’en médecine vétérinaire.

Afin de recueillir les données d’utilisation des antibiotiques, la firme Attestra a été choisie par le MAPAQ pour développer et héberger la plateforme informatique déjà en service nommée AntibiotiQc. Un projet pilote sur l’utilisation de cette plateforme est en cours chez le porc, et il s’étendra au secteur du poulet en 2026 avec la collaboration des EVQ.

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Recherches et projet de recherche

L’équipe des Audits et programmes contribue à la planification des projets et à l’identification des éleveurs qui souhaitent y participer. Les résultats de recherche sont ensuite vulgarisés et diffusés dans le magazine NOUVAiles ou l’infolettre NOUVAiles Express. Par ailleurs, des outils de communication sont également développés afin de soutenir les éleveurs dans l’appropriation de ces connaissances.

En 2025, soulignons la création de la Chaire de recherche sur les contaminants accrus dans les produits animaux (Chaire CAPA) à l’Université Laval. Un contaminant accru – comme les mycotoxines dans les grains – est un contaminant dont la concentration augmente dans les produits animaux dans un contexte de changements climatiques, notamment en raison de précipitations plus fréquentes. La Chaire CAPA constitue un levier essentiel pour mieux comprendre et atténuer l’impact de ces contaminants pour l’alimentation animale, qu’ils soient liés aux changements climatiques ou à la valorisation de sous-produits issus du gaspillage alimentaire. Les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ) participent activement et financièrement à ce projet de recherche, qui se déroulera de 2025 à 2030.

En matière de grippe aviaire, bien que le risque actuel d’infection chez l’humain demeure faible, des mutations du virus pourraient éventuellement représenter un enjeu pour la santé humaine. En raison des infections récentes détectées chez des mammifères en Amérique du Nord, le gouvernement canadien désire approfondir ses connaissances en soutenant la recherche chez l’humain. C’est dans ce contexte que les EVQ participent à trois projets de recherche lancés en 2025, présentés dans la section Projets sur la grippe aviaire chez l’humain.

Afin d’être à la fine pointe des connaissances et d’adapter les pratiques d’élevage aux enjeux actuels – réduction des antibiotiques, maladies émergentes, bien‑être animal et environnement – voici les principales recherches menées ou complétées au Québec en 2025.

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Recherches terminées en 2025

Grippe aviaire – Étude de cas

Dre Manon Racicot, Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)
Dr Jean-Pierre Vaillancourt, Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Réalisée au Québec et en Ontario, cette étude de cas vise à identifier, à partir d’analyses statistiques, les mesures de biosécurité les plus efficaces pour prévenir l’introduction et la propagation de la grippe aviaire dans les élevages de dindons. Pour ce faire, chaque ferme infectée en 2022-2023 a été jumelée à une ferme non infectée située dans la zone de contrôle primaire (ZCP) établie par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), ainsi qu’à deux autres fermes témoins situées à l’extérieur de la ZCP.

Menée auprès d’une trentaine de fermes du Québec, cette étude a permis d’identifier les mesures de biosécurité ayant un impact déterminant sur la santé des élevages. Parmi les pratiques les plus efficaces, les chercheurs recommandent notamment le tout-plein tout-vide des poulaillers, l’entreposage adéquat de la litière, la sortie des oiseaux morts selon des protocoles biosécuritaires, leur collecte rapide à proximité des poulaillers après la tournée, le positionnement des bacs de récupération près de la route publique ainsi que la décontamination de l’équipement utilisé pour le transfert des dindons entre les bâtiments. Une fiche d’information a d’ailleurs été élaborée à ce sujet. Enfin, les chercheurs soulignent l’importance d’aménager l’entrée des poulaillers de manière à bien distinguer les zones propre et sale, afin de favoriser l’application rigoureuse des bonnes pratiques de biosécurité par les éleveurs et les employés.

Validation de la méthode du bilan alimentaire pour estimer la charge en phosphore d’un lieu d’élevage de poulets de chair

Dre Marie-Pierre Létourneau-Montminy, Chaire de recherche sur les contaminants accrus dans les produits animaux de l’Université Laval

Issu de cette recherche, le Guide bilan alimentaire est disponible depuis 2025. Cet outil de performance agronomique est destiné aux agronomes afin de faciliter le calcul de la production annuelle de phosphore des poulets de chair, tel qu’exigé par la règlementation provinciale en matière d’environnement.

La méthode du bilan alimentaire permet d’estimer plus précisément les rejets de phosphore en tenant compte de la quantité réellement retenue par les poulets. Cette approche contribue ainsi à une meilleure gestion environnementale des élevages. Les travaux démontrent que deux facteurs influencent de façon déterminante les rejets en phosphore d’un lieu d’élevage : l’efficacité alimentaire des poulets et la teneur en phosphore de la moulée.

Dans le cadre de cette recherche, une quarantaine d’éleveurs ont fourni des poulets en fin d’élevage, et des essais ont aussi été menés avec des poulets élevés au poulailler du Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD).

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Projet développé en 2025

Identification des facteurs de risque associés à une augmentation de l’incidence de kystes au bréchet

Dre Marie-Lou Gaucher, Chaire de recherche en salubrité des viandes, Université de Montréal

À la demande, et en collaboration avec le Comité des éleveurs de dindons, la Dre Marie-Lou Gaucher a développé un projet de recherche visant à identifier les facteurs de risque associés à l’augmentation de l’incidence de kystes au bréchet, ainsi qu’à leur infection, chez les dindons lourds. Au 16 mars 2026, ce projet est en attente d’approbation par l’organisme subventionnaire.

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Recherches en cours

Plusieurs recherches sont en cours en 2025, illustrant la proactivité des éleveurs ainsi que du secteur avicole dans l’amélioration continue des connaissances.

Utilisation de l’intelligence artificielle en vue de prévenir les condamnations pour cellulite dans les élevages de poulets de chair canadiens

Dre Martine Boulianne, Chaire en recherche avicole, Université de Montréal
Dr Pablo V. Donoso et André Diler, Plateforme IA-Agrosanté, Université de Montréal

Les chercheurs veulent développer et tester un modèle d’intelligence artificielle (IA) capable d’utiliser l’ensemble des données générées par un élevage de poulets afin de prédire, avant l’abattage, les risques de condamnation pour cellulite chez les poulets de chair.
Avec le consentement des éleveurs, les chercheurs recueillent plusieurs sources de données :

  • les données d’élevages des Éleveurs de volailles du Québec (ex. : densité d’élevage, nombre de poussins, nombre de poulaillers par ferme, etc.);
  • les données environnementales captées dans les poulaillers à l’aide de systèmes de contrôle électronique fournis par des compagnies d’agritech* (ex. : température, humidité, concentration de CO2, etc.)
  • les données de condamnation pour cellulite transmises par les transformateurs.

La puissance de calcul de l’IA permettra d’analyser l’ensemble de ces données, afin d’identifier les facteurs de risque les plus déterminants associés à la cellulite, qui demeure la principale cause de condamnations des poulets de chair au Québec et au Canada.

Cette recherche qui se terminera en 2026, met l’IA au service de la santé et du bien-être animal.

*Une compagnie d’agritech désigne une entreprise qui utilise l’analyse de données et/ou l’intelligence artificielle pour permettre aux éleveurs de mieux contrôler l’environnement intérieur des poulaillers afin d’améliorer les performances zootechniques, la santé et le bien-être de leurs élevages.

Trois recherches sur la grippe aviaire chez l’humain

  1. Acceptabilité des méthodes de surveillance de la grippe aviaire chez les aviculteurs du Québec

    Dre Caroline Wagner et Dr Mathieu Maheu-Giroux, Université McGill

    À l’aide d’un sondage téléphonique, les chercheurs analysent la disposition des éleveurs à participer à de nouvelles méthodes de détection de la grippe aviaire chez l’humain, notamment l’utilisation de capteurs portables (Ex. : montre intelligente) et de tests antigéniques rapides à domicile. L’étude vise également à identifier les facteurs qui influencent cette volonté de participation. Advenant que la grippe aviaire représente un risque accru pour l’humain, de tels systèmes de surveillance pourraient contribuer à limiter les impacts sur la santé humaine et animale.

  2. Infection par la grippe aviaire A H5N1 et surveillance des anticorps chez l’humain

    Dr Marc-André Langlois, Université d’Ottawa

    L’équipe du Dr Langlois travaille sur la surveillance des infections actives et des expositions antérieures à des virus respiratoires, dont le virus de la grippe aviaire A (H5N1).

    Sur une période de dix mois, une trentaine d’éleveurs participent à l’étude en fournissant des échantillons de salive, afin de détecter d’éventuelles infections actives, ainsi que des échantillons de sang pour identifier des infections passées.

    Les données recueillies permettront de mieux comprendre la propagation du virus et de générer des informations essentielles pour appuyer la prise de décision en santé publique.

  3. Consultation sur les perceptions concernant la vaccination humaine contre la grippe aviaire

    Dre Caroline Kilsdonk et Dre Caroline Quach, Réseau Précrisa

    Le réseau Précrisa, spécialisé en prévention des crises en santé, mène une consultation auprès des travailleurs du secteur avicole afin de mieux comprendre leurs perceptions à l’égard de la vaccination humaine contre la grippe aviaire.

    L’objectif de cette démarche est de documenter le point de vue des éleveurs, ainsi que leurs préoccupations liées à la vaccination humaine dans le contexte de la grippe aviaire.

Étude sur Enterococcus cecorum

Dre Martine Boulianne, Chaire en recherche avicole, Université de Montréal

La Chaire en recherche avicole de l’Université de Montréal mène actuellement une étude intitulée Caractérisation et contrôle d’Enterococcus cecorum (EC), une bactérie multirésistante en émergence chez le poulet de chair. Réalisée en collaboration avec des médecins vétérinaires praticiens, cette étude porte sur un échantillon de fermes ayant présenté des cas cliniques d’EC ainsi que sur des fermes n’ayant rapporté aucun cas.

La Chaire a mis au point un test permettant aux vétérinaires d’identifier les souches pathogènes des souches non pathogènes d’EC, en plus de les quantifier. Les principaux objectifs de cette recherche consistent à identifier les réservoirs d’EC dans les poulaillers infectés et à évaluer les différentes pratiques d’élevage susceptibles de contribuer au contrôle de cette bactérie à la ferme.

Les résultats préliminaires font état de l’omniprésence des souches commensales et pathogènes, tant dans les fermes affectées que dans les fermes dites négatives. Ces observations suggèrent que certains facteurs de risque pourraient être impliqués dans l’apparition de la maladie. Des souches pathogènes ont d’ailleurs été détectées dans l’ensemble des types d’échantillons analysés : poussières, fientes, contenu intestinal, biofilms des lignes d’abreuvoirs et insectes. Des analyses plus poussées ont également mis en évidence l’importance de l’environnement dans la persistance de la bactérie entre deux cycles d’élevages. Enfin, grâce à l’analyse de l’ADN des souches de bactéries isolées, l’équipe de recherche tentera de mieux comprendre les gènes de virulence associés aux souches pathogènes.

Optimisation de la salubrité des produits de viande de poulet par un meilleur contrôle de Salmonella et de Clostridium perfringens entérotoxinogène dans chaque maillon de la filière avicole à l’aide d’une approche intégrée basée sur l’évaluation du risque

Dre Marie-Lou Gaucher, Chaire de recherche en salubrité des viandes, Université de Montréal

Une première phase d’échantillonnage, réalisée en 2019 à la ferme et à l’abattoir, a permis de quantifier la présence de ces deux pathogènes aux principales étapes de la filière avicole. Une deuxième phase, menée sur ces mêmes fermes et complétée en septembre 2023, a depuis enrichi ces données. Les analyses de laboratoire permettent maintenant d’identifier plus précisément les souches de Salmonella qui circulent dans la filière. Pour Clostridium perfringens entérotoxinogène, ces analyses sont toujours en cours. L’équipe travaille actuellement sur la modélisation de la dynamique de contamination de la filière, qui a pour objectif de mieux cibler les bonnes pratiques à mettre en place par chacun des maillons afin de réduire la présence de ces pathogènes sur le produit de viande final.

Transmission et mitigation (atténuation) de l'antibiorésistance chez le poulet à griller canadien

Dr Moussa Diarra, Centre de recherche et de développement, Université de Guelph et Agriculture et Agroalimentaire Canada
Dr François Malouin et Camélie Mailhot, Université de Sherbrooke

Menée dans plusieurs provinces canadiennes, cette étude évalue les effets de quatre programmes alimentaires – conventionnel, élevé sans antibiotique d’importance médicale, élevé sans antibiotique et biologique – sur la performance, la santé intestinale et la microflore des poulets à griller. L’analyse porte notamment sur l’ensemble de gènes de résistance aux antibiotiques, ainsi que sur l’impact de ces pratiques d’élevage sur la survie et la persistance des bactéries multirésistantes d’importance en médecine humaine et vétérinaire.

Au Québec, huit élevages participent à cette étude, qui permettra de mieux comprendre l’influence des différents types d’élevage sur le microbiote des oiseaux et de leurs associations positives ou négatives sur la présence de gènes de résistance. Ces connaissances contribueront au développement de nouvelles stratégies visant à améliorer la santé humaine et animale.

Impact du stress de chaleur sur le microbiote des poulets de chair

Dr Xin Zhao, Université McGill, Dr Moussa Diarra, Centre de recherche et de développement de l’Université de Guelph et Agriculture et Agroalimentaire Canada, et Dr Animesh Dutta, Université de Guelph

La stratégie de réduction des antibiotiques en production avicole, combinée aux changements climatiques – notamment des périodes de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses – pourrait avoir un impact sur le microbiote des poulets. Afin d’en évaluer l’impact, les chercheurs compareront, sur une période de deux années consécutives et à chaque saison, les microbiotes des poulets qui sont alimentés avec une moulée contenant des antibiotiques à celui des poulets alimentés sans antibiotique. Une dizaine d’éleveurs du Québec participent actuellement à cette étude.

Les principaux objectifs de cette recherche sont d’étudier l’évolution des microbiotes en fonction du stress de chaleur dans les poulaillers, ainsi que ses effets sur les performances zootechniques et la santé des poulets. Cette étude permettra également d’identifier de nouveaux probiotiques et des gènes de résistance aux antimicrobiens.

Exposition professionnelle à des pathogènes : impact des stratégies de refroidissement agricoles

Dr Stéphane Godbout, Institut de recherche et de développement en agroenvironnement
Dre Caroline Duchaine, Institut universitaire de cardiologie et pneumologie, Université Laval

Dans un contexte de réchauffement climatique, les technologies de refroidissement dans les poulaillers sont appelées à devenir des incontournables. Cette recherche s’intéresse plus particulièrement aux systèmes de refroidissement à base d’eau – tels que brumisateurs et panneaux refroidissants (cooling pads) – afin d’évaluer leur impact sur l’exposition professionnelle à des pathogènes.
Les chercheurs analyseront le contenu bactérien d’échantillons d’eau provenant de ces systèmes ainsi que d’échantillons d’air prélevés directement dans les élevages. Le but est de mieux comprendre les conditions d’utilisation sécuritaires de ces technologies et de proposer des méthodes de nettoyage efficaces, dans une perspective de santé et de sécurité au travail.

D’une durée de trois ans, cette étude sera menée en collaboration avec six éleveurs.

Développement d’un amendement à base de fumiers avicoles et de biochar par bio digestion

Dr Pierre-Luc Chagnon, chercheur scientifique au Centre de recherche et de développement de Saint-Jean-sur-Richelieu, Agriculture et agroalimentaire Canada

Cette recherche vise à développer un amendement organique sécuritaire pour la santé humaine, la santé des sols et l’environnement, à partir de la biodigestion de mélanges de fumiers avicoles et de biochar (charbon). En 2025, les travaux ont montré que le biochar avait des effets modérés sur le rendement des cultures de maïs-grain, tandis que l’impact des fumiers avicoles était plus marqué. Les analyses portant sur la structure de sol (stabilité des agrégats), les communautés fongiques ainsi que les essais de biodigestion de fumiers avicoles avec différents types de biochars sont toujours en cours. Une fois ces essais complétés, le chercheur évaluera le potentiel agronomique du digestat obtenu, utilisé comme amendement du sol et composé d’un biochar chargé en nutriments issus des fumiers avicoles. Les résultats finaux seront disponibles en 2027.

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Biosécurité

L’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA) est un partenaire du secteur avicole québécois qui coordonne des activités de prévention, de contrôle et d’éradication de certaines maladies avicoles de concert avec les membres de l’industrie et les instances gouvernementales en santé animale. Voici le rapport d’activité pour la période du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025.

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Projet en cours

Technologie de mousse à l’azote

En février 2025, l’EQCMA a signé une nouvelle entente avec Agriculture et Agroalimentaire Canada afin de recevoir une subvention de 380 617 $ pour la réalisation de tests terrain afin de valider les équipements de mousse à l’azote développés dans le cadre d’un projet précédent. En avril 2025, l’EQCMA a complété le processus d’importation des équipements de la technologie acquise d’Agricultural Emergency Services inc. des États-Unis. Un évaporateur industriel et une unité de puissance ont aussi été acquis pour l’injection de l’azote en phase gazeuse dans l’unité de mousse à l’azote. Des retards importants dans la fabrication et le testage de cet équipement ont obligé le report de la réalisation du projet de 2025 à 2026. L’EQCMA est toujours en attente de la réception de ces équipements.

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Projets terminés

Régime d’indemnisation

Le Régime d’indemnisation de maladies avicoles du Québec (RIMAQ), en place depuis le 12 février 2019, offre au secteur avicole québécois un outil financier permettant de couvrir certains coûts et pertes associés à six maladies, dont les quatre maladies déclarables au fédéral ainsi que la laryngotrachéite infectieuse (LTI) et Mycoplasma gallisepticum (MG). Le régime est géré par l’Alliance réciproque dans l’industrie des œufs de consommation du Canada (ARIOCC).

Les éclosions répétées d’influenza aviaire depuis 2022 ont continué d’exercer une pression financière importante sur le régime. En réponse, l’EQCMA a révisé certains paramètres de couverture et ajusté à la hausse les contributions des souscripteurs afin d’assurer la pérennité du RIMAQ. Le comité RIMAQ, composé de représentants de l’EQCMA et de l’ARIOCC, supervise le développement et le renouvellement annuel du régime. Toutefois, il ne s’est pas réuni durant la période visée. Malgré cela, une mise à jour des tables de valeur des volailles assurées a été réalisée en collaboration avec la firme Serecon.

Formations sur les protocoles de biosécurité révisés

À la suite de la diffusion des protocoles de biosécurité révisés au printemps 2024, l’EQCMA a développé et offert des formations adaptées aux différentes clientèles de la filière avicole. Entre décembre 2024 et juin 2025, 16 sessions en présentiel et en virtuel ont été livrées, rejoignant 171 producteurs et 289 intervenants issus de cinq clientèles, pour un total de 460 participants. Parmi ceux-ci, une vingtaine d’ingénieurs en agroalimentaire ont été rencontrés lors de leur assemblée annuelle afin de discuter des aménagements de biosécurité recommandés pour les cours et les poulaillers. La prochaine étape consistera à produire des vidéos présentant ces protocoles, un projet prévu pour l’année 2026.

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Maladies avicoles

Cas de LTI et de MG

Entre le 1er novembre 2024 et le 31 octobre 2025, il n’y a eu aucun cas de MG ou de LTI dans les élevages commerciaux contingentés du Québec.

Influenza aviaire

L’influenza aviaire a encore été un dossier majeur pour l’EQCMA au cours de la dernière année, même si le Québec a fait face à moins de cas qu’en 2022 et 2023. Alors que le Québec avait eu 23 cas en 2022 et 28 en 2023, l’année 2025 a débuté dès janvier avec un cas dans un élevage de dindons. Comparativement à sept cas l’année dernière, un total de dix cas ont été dénombrés, soit deux cas dans le poulet à chair, deux dans les pondeuses commerciales, un dans le canard, un dans le dindon à chair et quatre dans de petits élevages de volailles non contingentés. Au total, 367 073 volailles sont mortes de la maladie ou ont été dépeuplées pour son éradication en 2025 comparativement à 73 877 en 2024, 567 049 en 2023 et 532 000 en 2022.

L’EQCMA a poursuivi son soutien aux interventions de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et a assuré une coordination régulière avec les membres et les partenaires de l’industrie. En octobre 2025, trois formations conjointes avec l’ACIA portant sur la gestion des permis spécifiques et généraux ont rassemblé près de 150 participants. Une séance d’information destinée aux producteurs situés dans la zone de contrôle primaire de Saint-Félix-de-Valois a également été tenue le 20 octobre 2025, réunissant 32 participants.

L’influenza aviaire a continué d’attirer l’attention médiatique en raison de sa propagation vers de nouvelles régions et des préoccupations en santé publique. En 2025, plusieurs cas humains ont été détectés aux États-Unis ainsi qu’un cas hospitalisé en Colombie-Britannique. Certains de ces cas présentaient des formes plus sévères, incluant deux décès aux États-Unis.

À l’échelle canadienne, l’EQCMA a participé à trois rencontres du Comité national sur le dépeuplement dirigé par Santé animale Canada.

L’EQCMA s’est entretenu avec différents médias écrits, radiophoniques et télévisés, notamment La Presse, TVA Nouvelles, La Terre de chez nous, Radio-Canada, Noovo Estrie, les stations de radio CFNJ de Lanaudière et CIHO de Charlevoix, ainsi que Le Coopérateur.